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Il faut écouter le politologue Emmanuel Todd avec attention, car c'est toujours profitable. Le site Rue 89 a mis en ligne ces derniers jours une bande VHS fort instructive pour tous ceux qui se demandent (encore..) ce qu'est le sarkozysme et où il nous emmène.

En résumé, Todd estime que l'actuel président est une sorte "d'accident" de l'histoire, un truc venu d'ailleurs, en rupture totale avec le pays, et de ce fait, porteur d'une rupture anti-française, soit une ligne politique mise en oeuvre depuis trois ans avec obstination : "la question que l'on se pose avec Sarkozy est : la France existe t-elle toujours ? Parce que Sarkozy a un comportement non-français, un rapport aux riches qui est non-français, une façon d'être non-française… (...) Cette ligne, c'est l'autoritarisme. Ce n'est pas le coup d'Etat à la Napoléon III. C'est plus subtil : un mélange de provocations, d'agitation, d'activation de peurs, de discours sécuritaire, de thématiques ethniques. A travers tout ce que fait la droite, il y a une ligne, un projet. La vraie force de Sarkozy, à sa manière brouillonne, c'est qu'il incarne cela : le passage d'une droite « propre » à une droite beaucoup plus autoritaire".

Joli synthèse sur le sarkzoysme, qui a le mérite de réfléter ce que j'en pense moi-même. Cela fait toujours du bien de se sentir moins seul.

Encore plus instructif, ce que dit Todd de l'actuel PS. De ce point de vue, là encore, on peut aussi se sentir moins seul. Le PS, englué dans sa "boboïtude" n'a toujours pas compris que la droite actuelle est la plus violente à avoir accédé au pouvoir depuis 1940 (grosso modo... jugement qui n'engage que moi), et les socialistes, repliés sur eux-mêmes et leurs petits problèmes de courant, ont perdu le contact avec la France qui souffre. "Les socialistes ne sont pas violents. Ils restent porteurs de la bonne éducation de la période précédente. Ils sont dans une posture de communiant. Sans doute n'ont-ils pas bien compris à quoi et à qui ils avaient affaire. Le langage de droite de Sarkozy est dans son époque, les socialistes n'y sont pas."

On pourrait ajouter, pour compléter Todd, que l'une des causes de ce déphasage socialiste réside aujourd'hui dans la composition du PS. En gros, 50 000 militants actifs (ceux qui votent lors des congrès) qui vivent du parti d'une façon ou d'une autre (élus nationaux, locaux, membres de cabinet de conseils régionaux, généraux, de mairie, assistants parlementaires et autres...) et qui bien souvent n'ont jamais "vraiment" travaillé. Benoït Hamon par exemple, est une figure emblématique de ce PS là.

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http://www.lepost.fr/article/2010/12/02/2326117_emmanuel-todd-sarkozy-a-une-facon-d-etre-non-francaise.html