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REFLEXIONS SUR LA PRATIQUE DE LA DEMOCRATIE DANS UN PARTI

Je me suis déjà étendue sur le thème de la démocratie mais je ne trouve pas de réponse satisfaisante aux problèmes que pose dans un parti la pratique démocratique, un système de fonctionnement qui permettrait enfin à la base militante de faire réellement valoir ce qu’elle pense, souhaite, imagine à partir de ses analyses collectives mais locales et ferait entendre ses propositions de manière à ce qu’elles soient entendues et éventuellement (mais pas trop rarement !) intégrées dans la réflexion au sommet du parti. Comment faire que les militants et ceux qui partagent les choix sociétaux et économiques de ce parti se sentent davantage impliqués et leurs opinions respectées quand ils sont invités à voter…
Ce n’est pas le cas aujourd’hui au parti socialiste !!!!!!!!!!! Les votes des militants ont pour but de justifier des décisions prises là-haut (comme pour la désignation des têtes de listes aux élections européennes) et s’ils ne conviennent pas ne sont pas retenus sous des analyses fallacieuses (votes pour la motion E dans la préparation du congrès de Reims…)

Et cependant, il faut bien qu’une autorité s’exprime, que des choix se fassent et il est évident que, une fois les décisions prises, elles ne peuvent satisfaire tout le monde…

Alors ?

Je vous livre mes premières réflexions sur ce sujet en tant que point de départ des vôtres…

Une maîtresse de maison, un chef d’entreprise, doivent, pour le gérer, parfaitement ou le mieux possible, maîtriser les tenants et aboutissants de leur domaine d’action…

Et dans un parti politique ?

Un parti se gère-t-il ? Sans doute car il faut un rassembleur d’idées, un traçeur de lignes politiques, de concepts-guides des projets à proposer…

Première différence entre le parti et les autres exemples : un parti est composé de personnes rassemblées justement sur des choix de société, certaines visions de l’être humain et de la place qui devrait lui revenir parmi ses concitoyens…Ces personnes ont volontairement et sans être rémunérées, choisi d’adhérer à ce parti et non à un autre, parce que ses prises de positions lui semblaient convenir le mieux à sa propre vision du monde qui l’entoure. Elles ne recherchent pas un avantage personnel et acceptent même de payer une cotisation ! Leur intérêt consiste à participer à la vie de la cité, du pays… à agir pour améliorer (du moins elles l’espèrent) le bien de tous…
Taisons pour l’instant les militants qui ont choisi de vivre de la politique par des fonctions d’élus qui tôt ou tard devraient les conduire à la candidature à l’Elysée… Les ambitions politiques sont un moteur puissant pour certains militants qui ont bien le droit de viser le plus haut possible s’ils se sentent « des pattes » pour faire la course !

Deuxième différence : Une maison demande à être bien tenue, propre, accueillante, offrant à ses habitants un bien-être certain. Une entreprise se doit de réussir à produire ce qui correspond à ses objectifs et en outre, à faire des profits… Et un parti ? Quels sont ses objectifs ?

Les profits pour un parti se comptent en nombre de militants, de sympathisants et d’électeurs.
On dit d’un parti qu’il « pèse tant de % d’électeurs en ayant parfois bien du mal à tenir compte dans ce type d’estimation ce que représente le nombre de votants par rapport aux abstentions…

Plus subtilement le profit est aussi son poids moral dans l’opinion publique. Ce qu’il en reçoit de respect, d’adhésion à ses concepts socio-politiques et à ses prises de positions et propositions sur la marche du pays, à condition que ceux-ci soient bien connus et compris parce qu’ils ont été correctement (suffisamment et clairement, dans toutes les directions), diffusés.

CE SERAIT L’IDEAL…

Dans des entreprises, dans n’importe quelle sorte d’ensemble à gérer, la position de dirigeant demande donc que la barre soit placée très haut car…
- Il (ou elle) doit être capable d’une écoute très attentive de la base, d’une analyse, informée de l’état du pays et plus généralement du monde, des propositions remontées du terrain, pour aboutir à ne retenir que celles qui seront utiles au projet de politique générale que le parti se doit de proposer au pays.
- Il doit être également capable de faire entendre à l’ensemble des militants ses choix et donner des arguments pour expliquer ces derniers.
- Il doit être en outre capable de promouvoir les choix approuvés dans le parti dans l’opinion publique de façon assez claire et percutante pour que chacun puisse comprendre quels sont les enjeux signalés ainsi que les réponses qui sont proposées.

Evidemment, le « chef » n’est pas seul puisqu’au PS, il dispose du Conseil national.
Cependant, ce qui pourrait apparaître comme un soutien solide dans les travaux énoncés précédemment, peut s’avérer transformer les débats en enfer.

LA REALITE : LE POIDS DES HUMAINS

Le Conseil national est composé, de manière très subtile en fonction des votes exprimés au dernier Congrès, selon les diverses « tendances » qui au fil du temps et des personnalités qui se sont imposées dans le parti, tiennent à faire entendre leur voix, le plus haut possible dans le parti. C’est dire que le Conseil national parle rarement d’une seule voix, quel que soit le sujet évoqué !

LE RESULTAT QUE NOUS CONNAISSONS BIEN, HELAS !!

Est-il utile de rappeler le désastreux congrès de Reims et ses effets sur l’opinion publique ?

Ceux qui ont bien voulu malgré un état d’esprit déplorable, militer à l’occasion des européennes, ont reçu avec agacement et parfois de la peine… les réflexions des passants interpellés pour prendre un tract et discuter un peu : « Vous feriez mieux de donner l’exemple en arrêtant de vous disputer ». « Et croyez-vous que l’on va croire à leur soi-disant réconciliation ?
- Mais si ! Je vous assure que ce n’était pas du jeu ! Elles se souriaient avec naturel et se poussaient parfois du coude en se souriant pendant les discours des uns et des autres…
- De toutes façons, le mal est fait ! Cela arrive trop tard ! On n’y croit plus. Chacun dit n’importe quoi dans les media pour se faire connaître et reconnaître»

Et nous avons vu le résultat sorti des urnes ce triste dimanche 7 juin !!!

Donc, des principes : chacun a le droit d’exprimer ses idées et de voir ces idées écoutées et si possible entendues !

Mais, des contraintes : quand un grand nombre s’exprime, les idées explosent en mille propositions différentes et il faudra bien choisir au détriment de ceux qui n’ont pas été assez nombreux ou cohérents pour être pris en considération et les choix sont toujours douloureux pour ceux qui se croient rejetés.

Il faudrait donc d’une part, que les dirigeants du parti soient acceptés par tous pour être suivis dans leurs choix, d’autre part, que les militants acceptent les décisions prises en les reconnaissant comme les meilleures possibles.

Ceci suppose un fonctionnement solidement démocratique du parti, de la plus petite section jusqu’au Conseil national. Faut-il dans certains cas élargir la consultation aux sympathisants ?

Ceci suppose également que les militants appelés à se prononcer soient correctement informés des problèmes qui se posent, des solutions envisageables, des avantages et des inconvénients de tel ou tel remède… Que l’information soit approfondie, sincère et donc non partisane autant que faire se peut… Que des débats à tous les niveaux de fonctionnement du parti soient régulièrement organisés…

Que pensez-vous de ces quelques réflexions ? Vous incitent-elles à trouver des exemples de blocages du fonctionnement du parti parce qu’il n’est pas assez démocratique ? Et des solutions concrètes pour rendre ce parti plus attrayant aux militants qui commencent à délaisser les sections ici ou là et attirer à nous des sympathisants assez nombreux pour nous redonner une assise dans le pays ?