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Un bonheur tout de même. L'Etat de droit s'est avancé sur la scène démocratique, modestement certes, mais on ne peut plus jouer les difficiles ni faire les délicats. Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, a spontanément saisi la commission de déontologie pour savoir si sa prochaine nomination à France Télécom ne contreviendrait pas à la réglementation. L'instance de régulation, échaudée par la triste affaire Pérol, a accompli son travail avec un sérieux et une rigueur exemplaires. Si elle a validé le changement, elle l'a assorti de contraintes et de restrictions qui, loin de porter atteinte à l'honneur de Stéphane Richard, donnent tout son prix à l'avenir professionnel qui l'attend. Stéphane Richard ou l'anti-Pérol en quelque sorte. Une bouffée bienfaisante de normalité.

Une inquiétude cependant. Richard Michel, qui était depuis 2003 le remarquable président de la LCP-Assemblée nationale, a été remplacé par Gérard Leclerc, frère de Julien Clerc et ami du président de la République, si on se souvient d'une vidéo qui ne nous avait rien caché à ce sujet. Ce changement est d'autant plus choquant qu'il a été opéré par le président Bernard Accoyer en dépit du vote du comité de sélection - par 8 voix contre trois - en faveur du maintien de Richard Michel alors, qu'outre Gérard Leclerc, il y avait deux autres candidats (Le Parisien). Ce comité n'est pas un quelconque comité Théodule mais il est composé de députés représentant toutes les tendances de l'Assemblée. C'est à désespérer. Si le mérite, la compétence, le travail et la réussite tant vantés par le candidat Sarkozy ne sont plus des critères valables pour le président de la République qui, semble-t-il, n'a pas été pour rien dans cette surprenante nomination, je me demande bien comment les êtres qui n'auront que leur talent à faire valoir franchiront les épreuves où le Pouvoir aura à statuer. Chacun n'a pas un chanteur dans sa famille et le président de la République ne donne pas son amitié à tout le monde. Quand on est le meilleur, qu'on est reconnu pour tel mais qu'on est "viré", on fait quoi, on sourit ? Pour Gérard Leclerc, je me souviens juste de sa démagogique et grossière interview, sur France 2, de Jean-Marie Le Pen qui avait eu le tort d'être présent au second tour des présidentielles. Quant à Richard Michel, je le connais et, à plusieurs reprises, j'ai apprécié la qualité et la rigueur du professionnel. Encore récemment, lors d'un débat sur la suppression du juge d'instruction qui a marqué les esprits. L'Etat tordu.

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