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Prenant l'exemple de Laurent Wauquiez et Luc Chatel, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a invité dimanche les responsables politiques à ne pas se prendre pour "des super délégués syndicaux", estimant par ailleurs que la présence de militants du NPA d'Olivier Besancenot autour des entreprises en difficulté "fait un peu rapace".

Prenant l'exemple du conflit dans l'usine GlaxoSmithKline d'Evreux (Eure), François Chérèque a défendu "le travail énorme" des délégués syndicaux par opposition aux "visées politiques" qui, selon lui, animent les militants politiques qui s'y sont rendus.

"Je suis allé à cette entreprise, GSK. A l'entrée de l'entreprise, deux militants NPA qui font le tour des entreprises en difficultés. Ça fait un peu rapace, c'est-à-dire qu'on attend la misère pour agir", a déclaré le secrétaire général de la CFDT lors du "Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro". "Nous, on agit au quotidien. Eux, quand ils partent, nous on est encore dans les entreprises. C'est nous qui faisons le travail pour essayer de trouver des solutions (...) Notre objectif, ce ne sont pas des visées politiques".

Interrogé sur les déclarations d'Olivier Besancenot dans "Le Journal du dimanche" estimant qu'il fallait "s'inspirer de la Guadeloupe" pour résoudre les conflits sociaux en métropole, François Chérèque a évoqué une forme de "mépris" de la part du leader du NPA.

"Comparer ce qui se passe en métropole et comparer ce qui s'est passé en Guadeloupe, je crois c'est une forme de mépris qu'il peut y avoir aussi vis-à-vis de la Guadeloupe", a-t-il affirmé, soulignant que les racines du conflit en Guadeloupe dataient "de deux siècles, trois siècles". "Dire qu'en métropole c'est pareil, c'est nier ce qui s'est passé en Guadeloupe, c'est nier les problèmes de Guadeloupe, c'est avoir du mépris vis-à-vis des Guadeloupéens".

Enfin, évoquant les interventions, cette semaine, des secrétaires d'Etat Laurent Wauquiez et Luc Chatel concernant Total et Continental, le secrétaire général de la CFDT a moqué des "super délégués syndicaux" et demandé aux responsables politiques de "faire leur travail". "Une fois qu'ils ont donné la leçon aux dirigeants des entreprises, à la place des délégués syndicaux qui doivent, eux, avoir ce type de réaction, on a un vrai problème de 'qui fait quoi dans ce pays'", a-t-il déclaré.

"Je prends ces interventions-là (comme) un sentiment de difficulté de mesurer l'ensemble et d'incapacité d'avoir une vision d'avenir. Nous attendons de la part des responsables politiques qu'ils fassent leur travail, qu'on débatte de l'avenir des politiques industrielles. On n'attend pas qu'ils fassent notre travail de délégué syndical", a-t-il lancé.

Et d'insister: "plutôt qu'aller dire aux salariés -comme l'a fait parfois le président de la République- 'je reviendrai dans six mois et vous garderez votre emploi', et que ça soit nous qui gérons après les déceptions, les mécontentements, qu'ils aient un peu de perspective pour l'avenir de l'industrie en France". AP