Par Getch

La réorganisation en cours de l’UMP sur un mode fédéral et la nomination de Xavier Bertrand à sa tête ne doivent rien au hasard pur.

Maître du jeu, Nicolas Sarkozy cherche à pousser un avantage définitif en vue de la présidentielle de 2012.

La très probable disparition des départements - et aussi des communes regroupées dans des structures hyper-communales - sera actée au travers d’un projet de loi qui devrait être voté à l’été 2009. Alain Rey, dans Voie Militante, a su brillamment nous éclairer sur ce point:

http://www.voie-militante.com/parti-socialiste/elections/cantonales-regionales-ce-que-nous-cache-la-presse-et-ce-quignore-le-federal-ps-de-l-eure-yves-leonard/

http://www.gaullisme.fr/ps1.jpg

Le Parti socialiste survivra-t-il électoralement à la nouvelle stratégie électorale du chef de l'UMP ?

Page intégrale :

http://www.voie-militante.com/parti-socialiste/elections/marleix-tuer-parti-socialiste/

Le regroupement des cantons dans des entités urbaines ou rurales de 20 à 30000 personnes, le transfert des compétences des départements vers ces structures hyper-communales d’un côté et aux régions de l’autre auront des effets collatéraux non négligeables sur la “capacité” électorale du Parti socialiste.

De quoi s’agit-il ?

Comme je l’évoquais dans un billet récent, la structure des sections du Parti socialiste calquée sur les cantons pose, dans le cadre de la perspective de la refonte territoriale, deux problèmes majeurs.

Le premier est que l’empilement des structures administratives (communes, agglos ou CdC, pays, départements, régions) permet au Parti Socialiste de faire taire les ambitions “territoriales” des uns et des autres. “Il ne peut pas y avoir deux mâles dominants“, déclarait récemment Sarkozy en direction de son rival Villepin.

La suppression des départements et le regroupement des cantons entraîneront une exacerbation des rivalités qui risque de mettre le clou final au triste spectacle permanent qu’offre le Parti Socialiste. Il risque tout bonnement de ne pas y survivre électoralement.

Le second est que le Parti Socialiste doit refondre au plus vite son mode d’organisation interne, faute de quoi l’assise militante sera complètement découplée de l’organisation électorale. Dans sa conformité actuelle, le Parti Socialiste en a-t-il d’ailleurs culturellement les moyens ?

La nécessité d’une fédération politique

La régionalisation de la vie politique française comporte un risque endogène d’atomisation des partis politiques français.

L’équation relève de la quadrature du cercle.

D’un côté, il faut conserver un outil de conquête du pouvoir parfaitement adapté à l’échelon national et européen.

De l’autre, le mode de réponse politique à trouver sur le plan “local” doit éviter l’accélération d’un processus de décomposition, qui, à gauche, a hélas déjà commencé.

En créant leurs propres partis, certains, à gauche, l’ont d’ailleurs parfaitement compris et peuvent espérer figurer dans le nouvel espace territorial tel que le prévoit Nicolas Sarkozy, surfant ainsi sur les particularismes territoriaux.

Conscient du fait que le même risque existe à droite, le chef de l’UMP cherche au plus vite à adapter l’UMP qui possédait la qualité extraordinaire de rassembler en son sein des ultra-libéraux et des gaullistes. La politique, c’est, avant tout, l’art d’additionner les contraires.

Je crains tout simplement que ni Martine Aubry et les “nouveaux” cadres dirigeants nationaux dans leur tout sauf Ségo, ni Yves Léonard et son équipe “resserrée” dans l’Eure ne soient en capacité de se plier à cette impérieuse nécessité.

On ne peut pas inventer ce qu’on ne sait pas faire.